Exposé pour un atelier lors des journées nationales de l'APMEP 2026 à Strasbourg. Il s'agit essentiellement de présenter la preuve originelle du théorème de Frucht (1939) sur les groupes d'automorphismes d'un graphe.
du plan pour les sommets et des segments (ou des arcs pour les arêtes). Par exemple, le graphe de sommets 1, 2 et 3, et d’arêtes {1, 2}, {1, 3} et {2, 3} est appelé triangle et dessiné comme 2 1 3
du plan pour les sommets et des segments (ou des arcs pour les arêtes). Par exemple, le graphe de sommets 1, 2 et 3, et d’arêtes {1, 2}, {1, 3} et {2, 3} est appelé triangle et dessiné comme 3 2 1 3 1 2
du plan pour les sommets et des segments (ou des arcs pour les arêtes). Par exemple, le graphe de sommets 1, 2 et 3, et d’arêtes {1, 2}, {1, 3} et {2, 3} est appelé triangle et dessiné comme 3 2 1 3 1 2 2 1 3
degré d’un sommet x ∈ S est le nombre d’arêtes issues de x, c’est-à-dire {y ∈ S, {x, y} ∈ A} . . Un chemin de longueur k entre deux sommets x et y est une suite de sommets x0 , x1 , …, xk ∈ S tels que x0 = x, xk = y et ∀k ∈ J1, kK, {xk−1 , xk } ∈ A. . La distance entre deux sommets x et y est, quand elle existe, la plus petite longueur d’un chemin entre x et y.
une bijection f : S → S telle que, pour tous x, y ∈ S, {x, y} ∈ A ⇔ {f(x), f(y)} ∈ A. En d’autres termes, un automorphisme est une bijection de S dans S qui préserve les arêtes.
pour la composition ◦. On le note Aut(G) et on cherche à le déterminer à isomorphisme près. Intuitivement, plus le groupe des automorphismes est gros, plus le graphe admet de symétries.
n sommets. 5 4 3 6 2 7 1 8 12 9 Notons k = f(1) = k, 10 11 alors f(2) ∈ {k − 1, k + 1} et les autres f(i) sont fixés. Proposition. Le groupe Aut(Cn ) est isomorphe au groupe diédral Dn .
• si x ∈ S est de degré d, alors f(x) est de degré d, • si x ∈ S admet un voisin y de degré d, alors f(x) admet un voisin de degré d, • s’il existe un chemin de longueur k entre x et y, alors il existe un chemin de longueur k entre f(x) et f(y). • pour tous x, y ∈ S, la distance entre f(x) et f(y) est égale à la distance entre x et y.
8 9 8−9−10−12 est l’unique cycle de longueur 4 donc f({8, 9, 10, 12}) ⊂ {8, 9, 10, 12}. 7−8−9 est envoyé sur l’un des trois triangles: f(7) = 7, f(8) ∈ {8, 9}, f(9) ∈ {8, 9}. Ensuite, f(6) = 6. 5−6−7−8−12−11 est envoyé sur l’un des quatre cycles de longueur 6: f(8) = 8, f(12) = 12, On poursuit de manière analogue... f(11) = 11, f(5) = 5.
, Sn ... ,→ Existe-t-il un graphe G tel que Aut(G) ≈ Z/3Z? ,→ Plus généralement, quels groupes finis sont des groupes d’automorphismes d’un graphe? Theorie der endlichen und unendlichen Graphen, Dénes Kőnig (1936), p.5
1906 à Brno • Thèse en algèbre en 1931 sous la direction de Issaï Schur à l’université de Berlin • Travaille comme actuaire dans une compagnie d’assurance à Trieste dans les années 30 • Découvre les graphes dans le livre de Dénes Kőnig en 1936 • Déménage en Argentine en 1938 puis au Chili où il s’installe définitivement • Carrière à l’Université technique Federico Santa María de Valparaíso • Décès en 1997
G est génératrice si G = hSi. Comme G est fini, cela donne la proposition suivante. Proposition. Soit G un groupe fini et S une partie génératrice. Alors, pour tout g ∈ G, on dispose de n ∈ N et de si1 , si2 , …sin ∈ S tels que g = si1 si2 · · · sin . Un groupe fini admet toujours une partie génératrice: G. Pour la suite, on cherche plutôt à utiliser une ”petite” partie génératrice. Voici quelques exemples de parties génératrices: • dans Z/nZ, {1} • dans Sn , {(1 2), (1 2 · · · n)} • dans PSL2 (F7 ), ( 0 1 −1 0 , 0 1 −1 1 )
, . . . , sr } une partie génératrice. Le graphe de Cayley pour (G, S) est le graphe orienté avec des arêtes étiquetées par S défini par • l’ensemble des sommets est G, • il y a une arête étiquetée par sk de x vers y si y = xsk . x On le note Cay(G, S). sk y = xsk
étiqueté. Définition. Soit G un groupe fini muni d’une partie génératrice S. Un automorphisme du graphe Cay(G, S) est une bijection f : G → G telle que, pour tous x, y ∈ G et tout s ∈ S, il existe une arête de x vers y étiquetée par s si, et seulement si, il existe une arête de f(x) vers f(y) étiquetée par s. ∗ On le note Aut (Cay(G, S)) et on cherche à le déterminer (à isomorphisme près). ∗ Proposition. L’ensemble Aut (Cay(G, S)) est un groupe pour la composition ◦.
S. Alors, Aut∗ (Cay(G, S)) ≈ G. ∗ Démonstration. Considérons l’application f : G → Aut (Cay(G, S)) définie par g 7→ (fg : x 7→ gx). Montrons successivement que ∗ 1. f est à valeurs dans Aut (Cay(G, S)), 2. f est un morphisme de groupes, 3. f est injective, 4. f est surjective.
Fixons g ∈ G. Soit x, y ∈ G et s ∈ S, on rappelle qu’il existe une arête de x vers y étiquetée par s si, et seulement si, y = xs. Or, y = xs ⇔ gy = gxs ⇔ fg (y) = fg (x)s Ainsi, il existe une arête de x vers y étiquetée par s si, et seulement si, il existe une arête de fg (x) vers fg (y) étiquetée par s. En conclusion, pour tout g ∈ G, fg est bien un automorphisme du graphe Cay(G, S).
orienté, non étiqueté Cay(G, S). Pour cela, on remplace chaque arête par un graphe ”gadget” dont la forme dépend de l’orientation et de l’étiquette de l’arête. x s1 y x y
orienté, non étiqueté Cay(G, S). Pour cela, on remplace chaque arête par un graphe ”gadget” dont la forme dépend de l’orientation et de l’étiquette de l’arête. x s2 y x y
orienté, non étiqueté Cay(G, S). Pour cela, on remplace chaque arête par un graphe ”gadget” dont la forme dépend de l’orientation et de l’étiquette de l’arête. x s3 y x y
orienté, non étiqueté Cay(G, S). Pour cela, on remplace chaque arête par un graphe ”gadget” dont la forme dépend de l’orientation et de l’étiquette de l’arête. x s4 y x y
de Cay(G, S) est beaucoup plus grand! De plus, dans Cay(G, S), on ne sait a priori pas distinguer les sommets qui étaient déjà dans Cay(G, S) de ceux qui ont été ajoutés par la transformation en graphe non orienté.
degré 1 • des sommets de degré 2 avec au plus un voisin de degré 3 • des sommets de degré 3 • des sommets de degré pair, 2|S|, dont tous les voisins sont de degré 3: ceux issus de G ··· ···
S, Cay(G, S) le graphe de Cayley associé et Cay(G, S) le graphe non orienté, non étiqueté qui en est déduit par les transformations précédentes. Alors, Aut(Cay(G, S)) ≈ Aut∗ (Cay(G, S)), et, par conséquent, Aut(Cay(G, S)) ≈ G.
S, Cay(G, S) le graphe de Cayley associé et Cay(G, S) le graphe non orienté, non étiqueté qui en est déduit par les transformations précédentes. Alors, Aut(Cay(G, S)) ≈ Aut∗ (Cay(G, S)), et, par conséquent, Aut(Cay(G, S)) ≈ G. Démonstration. Considérons l’application ϕ : Aut(Cay(G, S)) → Aut∗ (Cay(G, S)) qui à un automorphisme du graphe Cay(G, S) associe l’application induite sur G.
G sont les seuls sommets de degré pair dont tous les voisins sont de degré 3, f envoie globalement ces sommets sur eux-mêmes: f(G) = G. Chaque chemin de longueur 3 entre deux sommets x et y de G dans Cay(G, S) correspond à un ”gadget” et l’on retrouve ce même ”gadget” entre f(x) et f(y). Cela signifie que dans Cay(G, S), l’arête qui relie x à y (ou y à x selon le gadget) est étiquetée comme l’arête qui relie f(x) à f(y) (ou f(y) à f(x)). Ainsi, l’induit par f sur G définit bien un automorphisme du graphe Cay(G, S). En conclusion, ϕ est bien défini.
avec une méthode constructive... mais, comme souvent en mathématique, cela amène d’autres questions: • peut-on déterminer le plus petit graphe associé à un groupe donné? • peut-on imposer des propriétés supplémentaires sur le graphe associé à un groupe donné?